La cabane était à plus d’une heure de route de la première maison, au bout d’un sentier de terre qui disparaissait sous les pins. Personne ne venait jamais ici en dehors de l’été, et même là, c’était rare. J’avais loué l’endroit pour trois nuits, seule, pour écrire, pour respirer, pour me couper du monde. Ou du moins, c’est ce que je m’étais dit.
Le premier soir, j’ai allumé le poêle à bois, ouvert une bouteille de vin rouge, mis une vieille playlist folk qui crachotait dans le petit haut-parleur. Dehors, le vent faisait grincer les planches et les branches tapaient contre les vitres comme des doigts impatients.
Vers 22h, on a frappé à la porte.
Un coup sec. Puis un deuxième. Pas hésitant. Décidé.
J’ai ouvert, le cœur déjà dans la gorge. Il était là, trempé par la bruine qui venait de tomber, veste en cuir ouverte sur un tee-shirt noir collé à la peau, cheveux en bataille, regard sombre qui m’a traversée de part en part.
« J’ai vu de la lumière. Ma bagnole a calé à deux cents mètres. Je peux téléphoner ? »
Sa voix était rauque, basse, comme s’il avait fumé trop de clopes ou crié trop fort dans sa vie.
J’aurais dû dire non. J’aurais dû fermer la porte.
Au lieu de ça, je me suis poussée pour le laisser entrer.
Tu veux vraiment téléphoner… ou autre chose ?
Autre chose. Et toi, tu veux vraiment que je parte ?
Non.
Il n’a même pas attendu que je ferme la porte complètement. Il m’a plaquée contre le mur en rondins, une main autour de ma gorge (juste assez pour que je sente la pression), l’autre qui relevait déjà ma robe en laine épaisse. Pas de culotte. J’avais arrêté d’en mettre dès que j’étais arrivée ici, comme un défi à moi-même.

Ses doigts ont trouvé ma chatte tout de suite, ont écarté mes lèvres, ont plongé en moi sans préliminaires. J’étais déjà mouillée rien qu’à l’idée qu’un inconnu pouvait entrer dans cette cabane perdue.
« T’attendais quelqu’un ? » il a grogné contre mon oreille.
« Non… mais je suis contente que tu sois là. »
Il a ri doucement, un rire sombre. Il m’a retournée face au mur, a relevé ma robe sur mes reins, a baissé son jean juste assez. Sa queue était dure, chaude contre mes fesses. Il a frotté son gland entre mes lèvres plusieurs fois, lentement, en me faisant cambrer, en me faisant supplier avec les hanches.
Puis il est entré d’un coup. Long. Profond. Brutal. J’ai crié, les ongles plantés dans le bois brut. Le poêle crépitait derrière nous, la chaleur du feu sur ma peau et celle de son corps contre mon dos.
Il m’a baisée debout, fort, chaque coup de reins me faisant cogner contre les rondins. Ses mains partout : sur mes seins qu’il malaxait, sur mes hanches qu’il tenait fermement, sur mon clito qu’il frottait sans pitié.
« T’aimes te faire prendre par un mec qui passe par là ? Dans ta petite cabane perdue ? »
« Oui… putain oui… plus fort… »
Il m’a soulevée, m’a portée jusqu’à la table en bois massif au milieu de la pièce, m’a posée dessus sur le dos, jambes écartées sur les bords. Il a repris ses coups de reins, plus profonds encore, le bois qui grinçait sous nous à chaque mouvement. J’ai senti l’orgasme monter comme une vague, violent, incontrôlable.
« Jouis. Laisse-moi t’entendre hurler. Y a personne pour t’entendre ici. »
J’ai explosé. J’ai crié son absence de nom, j’ai planté mes ongles dans ses avant-bras, mon corps qui se contractait autour de lui, un jet chaud qui a coulé sur la table. Il n’a pas ralenti, il a continué jusqu’à ce que ses grognements deviennent rauques, jusqu’à ce qu’il se vide en moi, très profond, en se tenant fort contre mes hanches.
On est restés comme ça un long moment, haletants, collés l’un à l’autre. Le feu dans le poêle jetait des ombres dansantes sur nos corps.
Il s’est retiré doucement, a remonté son jean, m’a aidée à me redresser. Ma robe était froissée, tachée, mes cuisses encore tremblantes.
« Ta bagnole… elle a vraiment calé ? » j’ai demandé, un sourire en coin.
Il a souri à son tour, un sourire de prédateur repu.
« Non. Mais maintenant que je suis là… je vais rester jusqu’à ce que tu me supplies de partir. »
J’ai ri doucement, encore essoufflée.
« Alors prépare-toi à rester longtemps. »
Il m’a embrassée, lentement cette fois, possessif.
Et dehors, la forêt continuait de murmurer, indifférente à ce qui se passait dans la cabane.



