Je n’avais absolument pas prévu de finir dans son lit ce soir-là.
Vraiment pas.
On se croisait depuis des mois à la salle, toujours les mêmes horaires, toujours les mêmes sourires un peu gênés, les « salut » qui duraient une seconde de trop.
Il avait cette façon de me regarder quand je faisais mes hip thrusts qui me donnait envie de lui demander s’il voulait tester le poids lui-même… mais je ne l’ai jamais fait.
Jusqu’à mardi dernier.
J’étais restée plus tard que d’habitude, la salle était presque vide.
Il finissait ses séries de développé couché quand je suis passée devant lui pour aller chercher ma bouteille d’eau.
Nos regards se sont accrochés.
Il a reposé la barre lentement, s’est assis, essuie-serviette autour du cou, et m’a juste dit, voix basse :
Et voilà.
Vingt minutes plus tard j’étais chez lui, encore en legging de sport, les joues rouges de la séance ET de l’adrénaline.
Il n’a même pas allumé les lumières du salon.
Juste la petite lampe orangée de la cuisine qui donnait sur le canapé.
Il m’a embrassée contre le mur du couloir, sans préliminaires inutiles, comme s’il avait déjà attendu ça depuis des mois (et moi aussi).
Ses mains partout, fermes, un peu impatientes.
Il a glissé ses doigts sous l’élastique de mon legging, a tiré d’un coup sec jusqu’à mi-cuisses, m’a laissée comme ça, entravée, vulnérable.
J’ai senti son souffle chaud contre mon oreille quand il a murmuré :
« T’as pas idée depuis combien de temps j’ai envie de voir ta tête quand tu jouis. »

J’ai ri nerveusement, mais ça s’est transformé en gémissement quand il a enfin posé sa bouche là où j’avais le plus besoin.
Il ne faisait pas semblant, il y allait vraiment, langue large, puis pointue, puis deux doigts qui entraient en même temps, courbés juste comme il fallait.
Mes jambes tremblaient, je m’accrochais à ses cheveux, je sentais que j’allais partir beaucoup trop vite.
J’ai essayé de le prévenir, la voix cassée :
« Attends… je vais… putain… »
Il n’a pas attendu.
Il a accéléré, il a grogné contre moi, et j’ai explosé là, debout, le legging coincé aux genoux, ses doigts toujours en moi pendant que je tremblais de partout.
Je crois que j’ai même crié son prénom.
Je ne crie jamais normalement.
Là j’ai crié.
Après il m’a portée – oui carrément portée – jusqu’à sa chambre.
Il m’a jetée sur le lit, a fini de m’arracher le legging, s’est déshabillé en trois gestes rageurs.
Quand il s’est placé au-dessus de moi, j’ai vu dans ses yeux qu’il était au bord, lui aussi.
Il s’est enfoncé d’un coup, profondément, sans prévenir.
On a gémi en même temps, comme deux idiots qui découvrent le sexe pour la première fois.
Et après… après c’était juste la peau qui claque, les draps qui glissent, mes ongles dans son dos, ses dents sur mon épaule, ses « putain t’es trop bonne » répétés comme une prière.
Il m’a retournée, m’a prise par derrière, une main autour de ma gorge, pas fort, juste assez pour que je sente qu’il contrôlait.
J’ai joui une deuxième fois comme ça, la joue écrasée contre l’oreiller, en criant dans le tissu.
Lui a suivi presque immédiatement après, en grognant mon prénom dans mon cou, en se vidant tellement fort que je sentais chaque pulsation.
On est restés là, essoufflés, collants, un peu sonnés.
Il m’a embrassée doucement dans le cou et a murmuré :
« La prochaine fois on ira plus lentement… je te promets. »
J’ai souri dans l’obscurité.
« La prochaine fois ? »
Il a ri tout bas.
« T’as vraiment cru que j’allais te laisser partir après ça ? »



