Je n’avais jamais vraiment fait attention à lui avant cet été-là. C’était le mari de ma cousine Camille, celui qui parle peu, qui reste toujours un peu en retrait avec sa bière à la main. Grand, barbe de trois jours, des avant-bras un peu trop dessinés pour un mec qui bosse dans un bureau. Je l’avais toujours trouvé… correct. Rien de plus.
Mais cet été, à l’anniversaire des 60 ans de ma tante, quelque chose a déconné.
Il faisait très chaud. La maison était pleine, les gamins couraient partout, l’alcool coulait depuis midi. Vers 23h30, presque tout le monde était bourré ou parti se coucher. Moi j’étais sur la terrasse, pieds nus dans l’herbe encore tiède, une cigarette que je ne fumais même pas vraiment, juste pour avoir une contenance.
Il est sorti. Seul. Verre vide à la main. Il s’est arrêté à deux mètres, m’a regardée longtemps sans rien dire. J’ai senti mon ventre se serrer d’un coup, comme quand on rate une marche dans le noir.
— T’arrives pas à dormir non plus ? il a demandé.
— Nan… trop de bruit dans ma tête.
Il a rigolé doucement, un rire grave qui m’a fait des choses bizarres entre les cuisses. Et puis il s’est approché. Pas beaucoup. Juste assez pour que je sente son odeur : transpiration propre, parfum boisé, un peu de bière. J’ai eu honte d’avoir envie de le respirer plus fort.
Le lendemain matin on s’est tous dit au revoir comme si de rien n’était. Mais le soir même, sur WhatsApp, il m’a écrit.
J’ai fixé l’écran pendant quarante secondes sans respirer. Mes tétons étaient durs sous mon débardeur. J’ai senti l’humidité arriver d’un coup entre mes jambes, comme une vague chaude et honteuse.

Je savais que c’était mal. Vraiment mal. C’est le mari de ma cousine. Le père de ses deux gosses. Et pourtant mes doigts ont tapé tout seuls.
Je l’ai entendu grogner à travers le texto suivant. Juste un « Putain » majuscule. Et après ça on n’a plus vraiment fait semblant.
Il m’a raconté qu’il bandait tellement fort qu’il avait dû défaire sa braguette. Moi je lui ai dit que j’avais deux doigts en moi et que je mouillais sur mes cuisses. On s’est raconté des trucs crus, sales, sans filtre. Des mots que je n’avais jamais osé dire à voix haute.
Et puis il a écrit :
Il est venu.
Il est entré sans allumer la lumière. On n’a presque pas parlé. Il m’a plaquée contre le mur du couloir, ma robe d’été relevée jusqu’à la taille, ma culotte arrachée d’un coup sec. J’ai senti son sexe dur contre mes fesses, puis entre mes cuisses. Il m’a pénétrée d’un coup, sans préliminaires, sans demander. J’étais tellement trempée que ça a glissé tout seul. J’ai mordu mon avant-bras pour ne pas hurler.
On a baisé comme des bêtes. Debout, puis sur le tapis du salon, puis contre la table de la cuisine. Il me tenait les cheveux, me traitait de petite salope, de chienne en chaleur, et moi je jouissais en répondant oui oui oui à chaque insulte.
Quand il a joui, il s’est retiré et a giclé sur mes fesses et mon dos. Longtemps. Chaud. Beaucoup. J’ai senti chaque jet et j’ai joui encore une fois rien qu’avec ça.
Après on est restés par terre, essoufflés, collants, silencieux. Il a caressé ma nuque et a murmuré :
— Faut pas que ça se reproduise.
J’ai souri dans le noir.
— Ouais… faut pas.
Mais on sait tous les deux que c’est déjà trop tard.



