Je m’appelle Élise, j’ai 21 ans. Lui c’est Noah, 24 ans. Nos parents se sont mariés quand j’avais 11 ans et lui 14. On n’a aucun lien de sang. Tout le monde nous le rappelait tout le temps : « vous n’êtes pas vraiment frère et sœur ». Comme si ça rendait les choses plus faciles.
En vrai, ça a tout empiré.
Dès le premier été ensemble, on passait nos journées à la piscine du jardin. Moi en bikini trop petit, lui en short de bain qui ne cachait rien quand il bandait en me regardant. On se disputait pour rire, on se poussait dans l’eau, on se retrouvait collés-serrés sous l’eau, ses mains sur mes hanches un peu trop longtemps.
Le soir, on dormait dans des chambres séparées… mais la porte restait toujours entrouverte. Je l’entendais se branler en pensant à moi. Je faisais pareil. On le savait tous les deux.
Puis un soir, à mes 18 ans, nos parents étaient partis en week-end. On a bu du vin dans le salon, on a regardé un film, et à un moment il m’a prise dans ses bras comme quand on était petits… sauf que je me suis retournée et je l’ai embrassé. Vraiment embrassé. Il m’a répondu direct, sa langue dans ma bouche, ses mains sous mon t-shirt.

On a baisé sur le canapé des parents. Brutalement, comme si on avait attendu ça depuis sept ans. Il m’a déchirée en me disant « t’es à moi maintenant, Élise… personne d’autre ne te touchera jamais ».
Depuis ce soir-là, on n’a plus jamais fait semblant.
Dans la maison, on se touche dès que nos parents ont le dos tourné. Dans la cuisine pendant qu’ils regardent la télé, dans la buanderie, dans la voiture sur le parking du lycée quand il venait me chercher. Il me doigte sous la table familiale, je le suce dans la salle de bain pendant que ma mère crie « vous faites quoi là-dedans ? ».
On a notre petit appartement secret à 20 minutes de la maison maintenant. On y passe tous nos week-ends « soi-disant chez des amis ». En vrai on y vit nus, on baise partout, on dort enlacés, on fait des plans pour quand on pourra enfin vivre ensemble sans se cacher.
On s’est mariés en secret il y a trois semaines, dans une petite mairie à 300 km. J’avais déjà un petit ventre. Lui il pleurait en me passant la bague. On a fait l’amour dans la chambre d’hôtel toute la nuit, doucement, en se disant qu’on avait gagné.
On vit toujours chez nos parents pour l’instant, mais dans six mois on partira loin. On dira que c’est pour le boulot. Personne ne saura jamais que mon mari… c’est aussi mon « demi-frère ».
On n’a pas de sang commun.
Mais on a tout le reste.
Et bientôt, on aura notre famille. Rien qu’à nous.
Noah n’est pas mon demi-frère.
Il est mon tout.
Pour toujours.