Ce qui s’est passé l’hiver dernier

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storycoquine

Je n’en parle jamais. Même à ma meilleure amie. Surtout pas à elle d’ailleurs.

C’était il y a un peu plus d’un an, juste après Noël. J’avais 27 ans, je venais de me faire larguer de façon assez humiliante (le classique « j’ai besoin d’espace » alors qu’il s’était déjà remis avec son ex depuis trois semaines). J’étais rentrée chez mes parents pour les fêtes, comme une ado paumée.

Et puis il y avait mon petit frère… enfin… mon demi-frère. Lucas. Même père, mères différentes. On s’est jamais vraiment détestés, mais on n’a jamais été proches non plus. Il a cinq ans de moins que moi. À l’époque il avait 22 ans et il ressemblait de plus en plus à un homme. Ça m’avait frappée cet été-là déjà, mais je m’étais dit que c’était juste parce qu’il faisait beaucoup de muscu.

Bref. On était tous les deux à la maison, les parents partis quatre jours à la montagne avec des amis. La maison vide. La neige dehors. Le chauffage qui peinait un peu. Et cette tension bizarre que j’essayais de faire semblant de ne pas sentir.

Le premier soir, on a beaucoup bu. Du vin de la cave de papa qu’on n’aurait jamais dû toucher. Vers 2h du matin on était assis par terre dans le salon, dos au canapé, une couverture sur les jambes, à parler de tout et de rien. Et puis il a lâché, comme ça, sans prévenir :
Lucas « T’as déjà pensé à moi… comme ça ? Genre… sexuellement ? »
J’ai failli m’étouffer avec ma gorgée. J’ai ri nerveusement. J’ai dit un truc du genre « t’es complètement con ». Mais il n’a pas ri. Il m’a juste regardée. Longtemps.

Et moi… je n’ai pas détourné les yeux.

Quelques minutes plus tard on s’embrassait comme des malades. Vraiment comme si on avait attendu ça depuis toujours. Ses mains partout, sous mon pull, sous mon legging. J’avais l’impression que ma peau brûlait. J’étais trempée rien qu’avec ses baisers dans le cou.

On est montés dans ma chambre d’ado. Les posters de groupes des années 2000 toujours scotchés au mur. Le lit une place qui grinçait. Et lui qui me retournait comme si j’étais une poupée.

Après, quand on était allongés, essoufflés, collants, il m’a murmuré :
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Lucas « T’as pas idée depuis combien de temps j’avais envie de te baiser… »
Et moi, toute honteuse mais encore pleine de lui, j’ai répondu très bas :
moi « Moi aussi… depuis l’été dernier… quand t’as commencé à te balader torse nu dans la maison… »
On n’en a jamais vraiment reparlé après.
Les parents sont rentrés.
On a repris nos rôles.
Le frère cool et la grande sœur un peu chiante.

Mais parfois, quand je rentre et qu’il est là…
Juste un regard.
Et je sens encore son goût dans ma bouche.

Je sais que ça recommencera.
Je sais que je le laisserai faire.
Et je sais que je suis déjà en train de mouiller rien qu’en y pensant.

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