Ce qu’on n’avoue jamais

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storycoquine

J’avais juré que je ne recommencerais plus jamais. Vraiment. La dernière fois m’avait laissée pendant des semaines avec cette boule dans le ventre, ce mélange dégueulasse de honte et d’excitation qui ne part pas même quand tu te douches trois fois par jour.

Et pourtant…

Il m’a suffi d’un message à 23:47 un mardi pluvieux.

T’es réveillé ?
Toujours quand c’est toi qui écris à cette heure-là…23:48

Je savais exactement ce que je faisais. Je le savais et je l’ai quand même fait.

Il n’est ni mon mec, ni mon ex, ni un plan cul régulier. C’est le petit frère de ma meilleure amie. Celui qu’on a toujours trouvé « mignon mais petit frère quoi ». Celui qui avait 14 ans la première fois que je suis venue dormir chez eux. Celui qui maintenant en a 24, fait 1m87 et me regarde comme s’il voulait me bouffer vivante depuis au moins trois ans.

Et moi, à 31 ans, mariée depuis six ans, je viens de lui envoyer une photo de mes seins dans le miroir de la salle de bain de mon hôtel, alors que je suis censée être en déplacement pro à 400 km de chez moi.

Tu peux pas imaginer à quel point j’ai honte là
…mais j’arrête pas de penser à ta bouche
Montre-moi encore.
Pas juste les seins.
Tout.00:02

J’ai hésité douze secondes. Puis j’ai baissé ma culotte jusqu’aux cuisses, je me suis assise sur le bord du lavabo, jambes écartées face au miroir, lumière crue, pas de filtre, pas de triche. J’ai pris la photo.

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Je l’ai envoyée avant même de réfléchir.

Putain…
T’es trempée.
C’est à cause de moi ?00:04
Oui.
Et j’ai horreur de ça.
J’ai horreur que tu me fasses cet effet.
Alors arrête de m’écrire.
…ou écarte encore plus et prends une autre photo.00:05

J’ai fait la deuxième.

Et la troisième.

Et après j’ai plus compté.

À 1h17 je me faisais jouir sur la moquette dégueulasse de la chambre 412 avec le visage de mon mari dans un coin de ma tête et les messages de ce gamin qui me traitait de salope sur l’écran de mon téléphone.

Le pire ?

C’est que je sais que je recommencerai.

Parce que la honte est devenue ma drogue préférée.

Et lui… il le sait aussi.

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