Je m’appelle Camille. Jusqu’à l’été dernier je pensais que j’avais déjà testé pas mal de trucs « un peu hard ». Des cordes, des claques, quelques pinces, le classique quoi. Et puis j’ai rencontré L. sur une appli pourrie que je n’ouvre presque jamais. Son premier message était sec, presque chiant :
L. : Tu dis que tu aimes quand ça fait mal. Jusqu’où exactement ?
moi : … je sais pas trop répondre à ça par message
L. : Mauvaise réponse. Essaie encore.
J’ai senti mes joues chauffer toute seule dans mon canapé. C’était con, mais c’est exactement ce petit ton supérieur qui m’a fait mouiller en trois secondes. On a continué comme ça pendant presque deux semaines. Des ordres minuscules. Des devoirs. Des photos très précises qu’il voulait voir. Et moi… moi je les envoyais. À chaque fois un peu plus honteuse, à chaque fois un peu plus trempée.
Le jour où il m’a demandé d’aller travailler sans culotte ET avec le plug noir moyen enfoncé toute la journée, j’ai cru que j’allais exploser avant même d’arriver au bureau.
La première vraie rencontre s’est passée chez lui, un loft assez vide, très froid, très propre. Il m’a fait attendre nue dans l’entrée pendant vingt bonnes minutes, les mains dans le dos, sans bouger. J’entendais juste le bruit de ses pas, très lents, qui tournaient autour de moi. Puis il a parlé, voix calme, presque douce :
« Tu trembles déjà alors que je t’ai pas encore touchée. Intéressant. »
Il m’a bandé les yeux avec un tissu épais qui sentait légèrement le cuir neuf. Après ça… tout est devenu flou et brûlant en même temps.
Des cordes, mais pas comme j’avais connu avant. Très serrées. Très méthodiques. Mes bras complètement immobilisés dans le dos, les seins écrasés par les tours de corde, les cuisses écartées par une barre d’écartement. Et puis il a commencé à me parler. Pas des gros mots. Pas des insultes. Juste… des vérités.
« Tu sais que tu mouilles plus quand je te traite comme un objet, hein ? Tu le sais et ça te dégoûte un peu. Et c’est encore pire parce que tu trouves ça excitant d’être dégoûtée. »

Chaque phrase était ponctuée soit d’une caresse très légère, soit d’un coup de cravache très précis. Jamais au même endroit. Jamais avec le même rythme. J’ai commencé à supplier sans même m’en rendre compte. Pour qu’il continue. Pour qu’il arrête. Pour qu’il fasse n’importe quoi mais qu’il ne s’arrête surtout pas de jouer avec ma tête.
À un moment il m’a détachée juste assez pour me faire mettre à quatre pattes sur le parquet glacé. Collier. Laisse. Il m’a fait ramper jusqu’au miroir du salon. M’a forcée à regarder mon reflet : mascara coulé, joues écarlates, lèvres gonflées, les marques rouges qui commençaient à apparaître sur mes fesses et mes cuisses.
« Regarde bien la petite chienne que tu deviens quand tu lâches enfin toutes tes jolies manières. »
J’ai joui rien qu’en entendant ces mots, sans qu’il me touche. Juste sa voix. Juste la laisse tendue. Juste mon reflet qui me jugeait et me désirait en même temps.
Après ça… je ne sais plus très bien l’ordre des choses. Je sais juste que quand il m’a enfin baisée, c’était violent, profond, presque punitif… et que j’ai pleuré de soulagement en jouissant une deuxième fois, la joue écrasée contre le sol.
Depuis cette nuit-là, je n’arrive plus à faire semblant d’être sage très longtemps.
… et je sais qu’il va bientôt me renvoyer un message.
Et que je vais encore obéir.



