Ce que j’ai vu hier soir

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storycoquine

Je ne sais même plus exactement depuis quand je fais ça. Au début c’était juste par ennui, un soir où je n’arrivais pas à dormir. La fenêtre de mon salon donne presque en face de la sienne — pas tout à fait en face, un peu en biais, mais suffisamment pour que je voie très bien quand il oublie de fermer ses rideaux.

Il s’appelle Théo. Enfin… je crois. C’est comme ça qu’il a répondu une fois sur Tinder il y a longtemps, avant que je supprime l’appli. On n’a jamais vraiment matché, mais je sais qu’il habite là depuis deux ans. Grand, brun, genre sportif sans trop en faire, la coupe un peu trop parfaite. Et surtout : il se croit seul.

Hier soir j’avais laissé mon appart dans le noir, juste la petite lampe de chevet allumée derrière moi, assez loin pour qu’on ne me voie pas. J’étais en short en coton et débardeur trop large, assise sur le rebord du canapé, les genoux remontés contre ma poitrine. J’attendais. Comme une gamine qui guette le Père Noël, sauf que moi j’espérais autre chose.

Vers 23h20 il est rentré.

Il a allumé le salon, a jeté son sac de sport par terre, a enlevé son hoodie d’un seul mouvement. Dessous il portait ce t-shirt gris un peu moulant qui montre ses épaules et ses pecs sans faire semblant. J’ai senti mon ventre se serrer direct.

Il est allé dans la cuisine, a ouvert le frigo, a bu au goulot une bouteille d’eau. Et puis il a commencé à se déshabiller. Tranquille. Comme tous les soirs où il rentre tard.

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D’abord le t-shirt. Lentement. Il l’a attrapé par derrière au niveau de la nuque et l’a fait passer par-dessus sa tête. J’ai vu son dos se creuser, les muscles bouger sous la peau. Ensuite le jogging. Il l’a descendu d’un coup sec avec le boxer en même temps — un classique chez lui. Il ne se rend même pas compte qu’il fait un strip-tease involontaire tous les soirs depuis des mois.

Il est resté nu peut-être trente secondes, juste le temps d’aller chercher un truc dans son sac. J’ai eu le souffle coupé. Pas parce qu’il est « parfait » ou je ne sais quoi… mais parce qu’il est tellement inconscient. Tellement à poil, tellement chez lui, tellement à moi sans le savoir.

Et puis il s’est assis sur son canapé. Télécommande. Lumière tamisée. Il a mis un porno. Je le sais parce que j’ai vu l’écran reflété sur la baie vitrée derrière lui. Gros plan sur une fille qui suçait. Il a commencé à se caresser. Lentement d’abord. La main qui monte et descend, sans se presser.

J’ai glissé ma main dans mon short sans réfléchir.

J’étais déjà trempée. Honteusement trempée.

Moi : tu fais quoi là ?

Lui : je viens de rentrer… crevé mais chaud quand même

Moi : chaud comment ? 😈

Lui : le genre où j’ai déjà la queue dans la main en pensant à toi

Moi : … continue

Lui : elle est dure putain, je me branle doucement en imaginant ta bouche

J’ai failli lâcher mon téléphone. Parce que pendant qu’il m’écrivait ça, il était vraiment en train de se branler en face de moi. Sans savoir que je le regardais. Sans savoir que je lisais ses mots en même temps que je voyais sa main faire exactement ce qu’il me décrivait.

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J’ai répondu des trucs de plus en plus sales. Plus je tapais, plus je me caressais vite. À un moment il s’est levé, s’est mis debout face à la fenêtre — face à moi. Il a accéléré. J’ai vu ses abdos se contracter, sa respiration devenir saccadée même de là où j’étais.

Il a joui comme ça, debout, en trois gros spasmes. J’ai vu le sperme partir en jets sur son parquet. J’ai joui presque en même temps, en mordant mon poignet pour ne pas gémir trop fort.

Après il s’est essuyé avec son t-shirt sale, a éteint la télé, a filé dans sa chambre.

Moi je suis restée là, essoufflée, les doigts encore collants, le cœur qui battait dans les tempes.

Je sais que je devrais arrêter.

Mais ce soir je vais encore éteindre toutes les lumières.

Et attendre qu’il rentre.

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