Je m’appelle Camille. J’ai 31 ans. Pendant longtemps j’ai cru que j’étais « normale » sexuellement. Et puis il y a eu cet été où tout a basculé sans que je le décide vraiment.
Mon petit frère — enfin, demi-frère, même mère, pères différents — s’appelle Lucas. Il a sept ans de moins que moi. Quand on était ados c’était le petit con chiant qui touchait à mes affaires et qui mettait de la musique trop fort. Et puis il est parti faire ses études à l’étranger, on s’est vus deux-trois fois par an maximum, et petit à petit… il a arrêté d’être « le petit ».
L’été dernier il est revenu vivre à la maison pendant quatre mois, le temps de retrouver un appart et un taf stable. Moi j’étais célibataire depuis huit mois, frustrée, et je me masturbais beaucoup trop souvent en pensant à des trucs de plus en plus tordus. J’ai honte de l’écrire mais c’est la vérité.
La première fois que j’ai vraiment réalisé, c’était un soir où il est sorti de la salle de bain avec juste une serviette autour de la taille. Il s’est penché pour ramasser son téléphone tombé par terre et la serviette a glissé de trois centimètres. J’ai vu la naissance de ses fesses, la ligne sombre entre elles, et mon ventre s’est contracté d’un coup. Pas une petite chaleur mignonne. Non. Une vraie décharge électrique entre les jambes. J’ai serré les cuisses si fort que j’ai eu mal.
Après ça je n’ai plus réussi à le regarder comme avant.
Quelques semaines plus tard, une nuit où on avait tous les deux trop bu de rosé sur la terrasse, il m’a lancé, l’air de rien :
J’ai fait genre je rigolais.
Mon cœur tapait dans mes tempes. J’ai haussé les épaules, j’ai bu une gorgée, et j’ai murmuré sans le regarder :
J’ai posé mon verre. Lentement. J’avais la bouche sèche.
Après ça il y a eu un silence énorme. On entendait juste les grillons et ma respiration qui tremblait.
Je me suis levée, je suis passée devant lui, je l’ai frôlé exprès avec ma hanche. Il s’est levé aussi. On n’a rien dit. On est montés à l’étage comme des voleurs.

Dans ma chambre, porte fermée, lumière éteinte, juste la lueur du lampadaire dehors qui passait à travers les volets.
Il m’a embrassée comme si on se détestait et qu’on s’aimait en même temps. Langue agressive, mains partout, il m’a plaquée contre le mur, a relevé ma robe d’été d’un coup sec. Quand ses doigts ont glissé sous ma culotte et qu’il a senti à quel point j’étais trempée, il a grogné contre ma bouche :
« Putain Camille… t’es comme ça depuis longtemps ? »
J’ai hoché la tête, incapable de parler. J’avais honte et j’étais excitée comme jamais.
Il m’a retournée, face au mur. Il a baissé ma culotte jusqu’aux chevilles. J’ai entendu sa braguette, le bruit du tissu qui tombe. Et puis sa queue contre mes fesses, chaude, dure. Il n’a pas mis de préservatif. On n’en a même pas parlé. C’était trop urgent.
Quand il est entré en moi d’un seul coup de reins, j’ai mordu mon avant-bras pour ne pas hurler. C’était mal, c’était sale, c’était parfait.
Il me prenait fort, en murmurant des trucs dans mon oreille que je n’oublierai jamais :
« T’es à moi… petite sœur… personne doit savoir… »
J’ai joui la première, les jambes qui tremblaient, en retenant mes gémissements contre mon bras. Lui a continué encore une minute, peut-être deux, et puis il s’est retiré d’un coup et s’est vidé sur mes fesses en grognant mon prénom.
On est restés là, essoufflés, collants, sans se regarder.
Il a fini par murmurer :
J’ai répondu tout bas, la voix cassée :
Et on a recommencé. Presque tous les jours pendant tout l’été.
Maintenant il a déménagé. On s’envoie encore des messages parfois. Des photos. Des vidéos. Des mots très sales.
Je sais que c’est mal.
Mais je bande encore rien qu’en y repensant.
Et toi… tu bandes aussi, là, en lisant ça ?



